Il négocia avec la duchesse Jeanne de Penthièvre, veuve de Charles de Blois, le premier traité de Guérande en 1365, qui le reconnaissait comme seul duc de Bretagne. Allié à l’Angleterre, il y avait passé de nombreuses années en exil lors de la guerre de Succession qu’il n’avait pu gagner qu’avec l’assistance de troupes anglaises. Il avait épousé une sœur puis une belle-fille du Prince Noir et avait dû confier, ou confirmer à plusieurs capitaines et seigneurs anglais le contrôle de places fortes et de leurs environs (comme Brest). En butte à la défiance de sa noblesse qui lui reprochait la présence de ces troupes et de rogues seigneurs anglais jusqu’à son entourage et son gouvernement, il se vit attaquer par le roi de France Charles V sans que la noblesse bretonne ne le défende. Il dut alors s’embarquer pour un nouvel exil en Angleterre. Charles V fit cependant l’erreur de confisquer le duché en 1378 et de le réunir à la Couronne, au mépris des droits de Jean IV comme de ceux de la précédente duchesse Jeanne de Penthièvre et de ses fils. La noblesse bretonne révoltée appela Jean IV qui débarqua à Dinard et reprit le contrôle du duché.

Mais où se trouve le chef du F.L.B. ? En Irlande, au Canada, en France, en Bretagne, dans le Menez-Aré ? La police pense un moment l’identifier en la personne de Ned Urvoas, un résistant breton que les communistes traitèrent de « protecteur de criminels de guerre », et de « fasciste de la montagne rouge »… La D.S.T. décide, en ce printemps breton, une perquisition à son domicile, à Berrien, commune limitrophe de Scrignac où en 1943 l’Abbé Perrot fut abattu par des maquisards communistes. L’inspecteur et ses hommes perquisitionnent. Au grenier ils découvrent des papiers de la Résistance. Le policier les examine attentivement. Un nom au bas des documents le fait sursauter:
-Utrillo ? Mais c’était mon chef dans la résistance ! Le lieutenant Utrillo.
-Oui, vous avez eu telle mission, tel jour…
-Exact ! Comment savez-vous cela ?
-Utrillo ! c’est moi !
L’inspecteur se retourne vers ses hommes :
-Nous n’avons rien à faire ici… Il est des nôtres !
-Je l’ai été, monsieur l’inspecteur, quand nous combattions ensemble le nazisme… Mais aujourd’hui, vous combattez la liberté. Vous êtes du côté de la répression ! Cela suffit à nous séparer.
Recueilli dans « La révolution Bretonne permanente » de Ronan Caerléon
Tags :berrien, breizh, bretagne, F.L.B, kadarn, lieutenant, ned, ned urvoas, urvoas, utrillo
Saint Yves Hélory de Kermartin, Yves de Tréguier ou simplement saint Yves dans la tradition catholique, est né vers 1250 et mort en 1303. En breton, il est appelé sant Erwan dans le Trégor, Iwan, Youenn ou Eozen dans d’autres régions. Prêtre et official du diocèse de Tréguier, il a consacré sa vie à la justice et aux pauvres. L’Église catholique l’a reconnu saint et le fête le 19 mai.

On le représente généralement avec une bourse dans une main, pour signifier tout l’argent qu’il a donné aux pauvres dans sa vie, et un parchemin dans l’autre, qui rappelle sa charge de juge ecclésiastique . Il est également souvent figuré entre un homme riche et un homme pauvre.
Il est le saint patron de toutes les professions de justice et de droit, notamment celle des avocats. Il est aussi l’un des deux saints patrons de la Bretagne.


Camille Le Mercier d’Erm, revendiquait le titre mérité de premier séparatiste breton, et se définisssait comme chouan libertaire. En 1920, il analyse dans La Bretagne Libertaire l’esprit chouan des Bretons:
« A la vérité la chouannerie eut en Bretagne un caractère tout différent de ceux que purent revêtir des mouvements d’apparence similaire dans les provinces de l’Ouest. Elle fût chez nous, tout à la fois religieuse, nationale (au sens Breton de ce mot) et -déjà!- antimilitariste.
« Il ne s’agissait de rien de moins, pour nos paysans, que de défendre leur foi (très particulariste), d’ailleurs et souvent presque schismatique à l’égard de Rome, leurs prêtres-paysans abusivement traqués, et aussi surtout au début, de se défendre eux-mêmes contre la conscription qu’on prétendait leur imposer.
« Que leur importait, à eux, Bretons, que « la Patrie » fut « en danger »? Et d’abord, cette « Patrie en danger » était-ce bien la leur? Parlaient-ils la même langue? Portaient-ils le même vêtement? Avaient-ils les mêmes idées, les mêmes sentimens, les mêmes instincts? Se sentaient-ils les mêmes intérêts que les fils de cette »Patrie »-là, qu’ils ne connaissaient que par ses garnisons brutales et par le souvenir de tous les abus commis depuis des siècles à leur détriment?
« …Qu’on ne se méprenne donc point sur le sens et le caractère de la chouannerie bretonne. La chose existait chez nous bien longtemps avant que le mot fût créé: chouannerie, les manifestations de la Ligue de Bretagne (1588-1598), l’insurrection des Bonnets rouges (1675), chouannerie enfin, la résistance à la conscription et à la constitution civile du clergé…
« …Et il n’est pas curieux d’observer, dans le même ordre d’idées mais sur un plan tout différent, les réactions du courant révolutionnaire de 1789, sur d’autres milieux bretons: ceux des villes, de la petite bourgeoisie, du tiers état?
« C’est dans ce milieu qu’il faut chercher ceux que Michelet a appelés « les aînés de la Révolution », les Le Chapelier, les Le Guen de Kerangal et tant d’autres. C’est eux qui provoquent la nuit du 4 août; c’est eux qui fondent à Paris le Club breton qui va devenir le fameux Club des Jacobins; c’est eux que glorifie la Carmagnole de 92:
Oui, je suis sans-culotte, moi,
En dépit des amis du roi,
Vivent les Marseillois
Les Bretons et nos lois.
« Et c’est encore eux qui en Bretagne s’unissent par le pacte fédératif de Pontivy (21 Février 1791). Cependant qu’un barde bas-breton, Jean-François d’Erm, traduit dans sa langue l’Acte constitutionnel de l’An III et compose des gwergiou populaires « destinées à propager l’instruction et les principes parmi les habitants des campagnes ».
« Si nous prenons soin de suivre pas à pas l’évolution de l’esprit libertaire chez les Bretons, au cours du XXème siècle, nous ne tarderons pas à être complètement édifiés sur les tendances « réactionnaires » qu’on leur a prêtées si mal à propos ».
Tags :breizh, bretagne, bretonne, chouan, chouannerie, kadarn, vendée