Le lieutenant Utrillo de Berrien

Mais où se trouve le chef du F.L.B. ? En Irlande, au Canada, en France, en Bretagne, dans le Menez-Aré ? La police pense un moment l’identifier en la personne de Ned Urvoas, un résistant breton que les communistes traitèrent de « protecteur de criminels de guerre », et de « fasciste de la montagne rouge »… La D.S.T. décide, en ce printemps breton, une perquisition à son domicile, à Berrien, commune limitrophe de Scrignac où en 1943 l’Abbé Perrot fut abattu par des maquisards communistes. L’inspecteur et ses hommes perquisitionnent. Au grenier ils découvrent des papiers de la Résistance. Le policier les examine attentivement. Un nom au bas des documents le fait sursauter:
-Utrillo ? Mais c’était mon chef dans la résistance ! Le lieutenant Utrillo.
-Oui, vous avez eu telle mission, tel jour…
-Exact ! Comment savez-vous cela ?
-Utrillo ! c’est moi !
L’inspecteur se retourne vers ses hommes :
-Nous n’avons rien à faire ici… Il est des nôtres !
-Je l’ai été, monsieur l’inspecteur, quand nous combattions ensemble le nazisme… Mais aujourd’hui, vous combattez la liberté. Vous êtes du côté de la répression ! Cela suffit à nous séparer.
Recueilli dans « La révolution Bretonne permanente » de Ronan Caerléon
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