En 5000 av J-C, il vallait mieux naître en Bretagne.

Si, comme le croyait Montesquieu, son cadre géographique est à un peuple ce que son physique est à un homme, mieux valait en ces temps reculés naître en Bretagne qu’au Mali. La preuve en est qu’au tout début de l’aventure humaine contemporaine, disons vers 5000 avant J-C, on peut affirmer sans forfanterie ridicule que oui, l’Armorique était à la pointe. Et pas seulement, comme toujours, du continent européen. Mais bel et bien de l’avant-garde humaine.
Nos côtes et nos terres sont encombrées comme un grenier des traces de la puissance de nos aïeux aux derniers temps du néolithique. Dolmens, menhirs, carins, cromlechs, tumulus, alignements et j’en passe… Tout un divin bric-à-brac paléontologique atteste en Bretagne d’une activité et d’une civilisation très avancées en des temps qui, eux, ne l’étaient guère.
Pas question, naturellement, de nous lancer dans de longues et assommantes énumérations de ces souvenirs grandioses dont on ne sait plus rien. Ni de leur usage, ni de leurs destinataires, ni les techniques de fabrication ne sont parvenus jusqu’à nous. Une seule chose est acquise. Il faudrait encore attendre mille à mille cinq cents ans avant de voir pousser les fameuses pyramides d’Egypte quand ici, entre Brest et Nantes, des sociétés inconnues bâtissaient déjà des monuments immortels.
Le Roman de la Bretagne.
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